Les éditions Rue des cascades
Créée en 2007 par Marc Tomsin, après une première expérience éditoriale de 1985 à 1998, les éditions Ludd, tournée notamment vers la mouvance libertaire, les éditions Rue des cascades comptent aujourd’hui douze titres au catalogue (tirage entre 700 et 2000 exemplaires) dont une collection dédiée au mouvement de libération mexicain.
Elles revendiquent un fort ancrage dans le quartier de la Commune de Paris, dans la rue éponyme près de Ménilmontant où se croisent divers courants libertaires, notamment autour du Bar Le Lieu Dit, rue du Sorbier, et son Petit Salon du livre politique.
Les éditions La Découverte
François Gèze, ingénieur de formation, militant PSU, rejoint les éditions François Maspéro (créées en 59 au moment de la guerre d'Algérie) à la fin des années 70. Ces éditions, très engagées à gauche, comptaient également un très beau catalogue de poésie, de sciences humaines et politiques : Jean-Pierre Vernant, Louis Althusser, Che Guevara, Pierre Vidal-Naquet...
« Débordées » par la vague gauchiste, elles publient de plus en plus tandis que la librairie La joie de lire, à laquelle elles sont adossées, subit les pillages de groupuscules qui provoquent sa faillite en 1975. Puis, en 1982, le retrait de François Maspéro lui-même.
C’est alors que François Gèze reprend le flambeau avec la volonté de garder le même engagement et de continuer à diffuser la « pensée critique ». Néanmoins, au tournant des années 80, après l’effondrement des mouvements de gauche, c’est vers d’autres sources de réflexion critique qu’il se tourne : Marcel Mauss et sa revue, l’École des Mines, l’École Polytechnique…
La Découverte connaît ainsi quelques succès retentissants : la collection L'état du monde (25 000 ex. dès la première année, puis jusqu'à 55 000), la collection de poches inédits Repères (450 titres aujourd’hui), Tête de Turc de Günther Walraf publié en 1986 (500 000 ex.), qui ne se démentent pas les années suivantes (Le harcèlement moral de Marie-France Hirigoyen, Le monde selon Monsanto de Marie-Monique Robin...).
La fabrication
Pour Rue des cascades, elle est artisanale avec une réele exigence de qualité (cousu-collé) en faisant travailler des petits imprimeurs comme l'imprimerie Lussaud près de La Rochelle.
Pour La Découverte, l'intégration a un grand groupe a eu un effet très positif : la baisse de 25% des coûts d'impression et de papier (par simple économie d'échelle, en travaillant avec les mêmes fournisseurs qu'avant son rachat).
La diffusion-distribution
C’est pour l’édition contestataire le centre de toutes les préoccupations. Dans les années 60-70, chaque maison se débrouillait avec sa propre structure de diffusion. Le marché prend vraiment forme lorsqu’en 1972, Gallimard rompt avec Hachette pour créer la Sodis (plateforme de distribution) et le CDE (Centre de diffusion de l'édition).
Il n'en reste pas moins que, dans les grands groupes intégrés, la part du CA réservée à la diffusion-distribution est de l'ordre de 52-55 % alors qu'elle est plus proche des 60% pour les petits indépendants.
En dehors des grandes structures (La découverte est aujourd'hui diffusée par Interforum, groupe Editis), il existe aujourd'hui quatre petites structures plus ou moins spécialisées pour ce type d'éditeurs :
- La diffusion populaire (créé dans les années 70)
- Court circuit (qui diffuse Rue des cascades et une trentaine d'autres éditeurs) adossée à Vertige graphic
- Les Belles lettres (Agone, La Fabrique...)
- Harmonia mundi (qui diffuse notamment Indigène et les 1,9 million d'ex. d'Indignez-vous !)
La promotion
Enfin, deux autres moyens de faire parler des ouvrages contestataires ont été évoqués : les salons (tel que le Salon du livre de sciences humaines à Paris, Espace des Blancs-Manteaux, ou le salon L'autre livre) et Internet, avec des sites comme www.lekti-ecriture.com et www.atheles.org, collectif de neuf éditeurs dont les éditions Agone.


